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Comment Arman procédait-il pour réaliser un portrait-robot ?

D'abord il fallait qu'il connût bien la personne, qu'il connût ses préoccupations, ses intérêts, ses obsessions, ses tics, ses "dadas", ses préférences vestimentaires, littéraires, ses bijoux etc... Puis, il collectait les divers objets qu'il estimait le plus représentatifs et les assemblait dans une boîte. En cas d'attachement trop fort à tout objet personnel, s'abstenir ! Sauf le sac Vuitton ou la bague de diamant que l'on peut se racheter somme toute au final : question de moyens !... A vous de voir.
Il fit son premier portrait robot en 1962, celui d'Éliane Radigue, sa première épouse pour la retrouver toute. Une mèche de cheveux, la bande magnétique constituée de sons de référence qui lui servait lors de ses conférences sur la musique concrète, des pages arrachées au "Mythe Moderne" de C.G Jung, en passant par la partition de Parcifal (dont elle dit "que c'était la plus belle, mais j'en avais une autre"), sans oublier la photo des trois petites têtes qui faisaient la nichée, ni même les cigarettes et le reste ! C'était l'âme qu'il cherchait à matérialiser par l'objet. Pour nous donner à penser, comme toujours...

portrait-robot Eliane Rafigue

Interrogée sur ce que cela lui fit ? Éliane répond : "C'était l'ordinaire. Il "pondait" à longueur de journée ! Il me connaissait et c'était LA CRÉATION A JET CONTINU".
Longtemps plus tard, ARMAN avait décidé de faire le portait-robot de chacun de ses enfants. Il commença avec celui de Yves, fils aîné de la lignée.
Et peu de temps après, Yves est décédé cette terrible journée de février 1989... Ensuite notre père dit qu'il ne se sentait plus de continuer les portraits de ses enfants malgré l'envie d'aller chercher nos secrets pour nous faire apparaître. Qu'il ne pouvait plus, que c'était comme une pensée magique qui arrêtait son geste pour faire superstition à craindre le pire.

Quand Arman se remit-il à la peinture de chevalet et, "broom painting" inclus, combien d'œuvres "serious painting" a-t-il ainsi produites ? (en gros, par rapport a sa production totale) ? Et est-ce que l'on sait comment "ça lui a (re)prit" ?

C'était une sorte de plaisanterie pour lui, la peinture de chevalet, c'est à dire la peinture "in situ". Ce qui était amusant c'est qu'Arman jeune emmenait tout son attirail dans la nature pour faire une peinture qui se rapprochait du cubisme.
Pour les "broom paintings", le sol est son chevalet, comme pour une majorité d'autres techniques ("shooting colors", "dirty paintings", "jetés"). Parfois, la table ou les tréteaux peuvent constituer ce chevalet ; c'est le cas pour les "brush strokes" ou les coulées.
A l'occasion, la table peut précéder, pour la composition, et le chevalet servir ensuite ; c'est le cas pour les "serious paintings".
Dans la majorité des cas, le travail d'Arman se faisait à plat ; logique, sinon les objets déposés sur le panneau seraient tombés.
Il se remit à la position verticale, une fois les objets collés, pour le travail au pinceau ou à la brosse, plus facile à travailler autour des objets dans cette position ("serious painting").
En fin de compte, comme souvent, c'est le tableau qui dictait la technologie, on pouvait difficilement verser les litres d'acrylique des "ÉMERSIONS" si les panneaux étaient verticaux... Tout serait allé par terre...

Quant au nombre de tableaux produits dans ces techniques (serious paintings), c'est très peu par rapport à la globalité de l'oeuvre estimée à plus d'une dizaine de milliers de pièces ; cela doit représenter une centaine de tableaux. Les chiffres, pour ceux qui les aiment, seront approchés lorsque le catalogue raisonné complet sera publié.

"Ça" (en fait "ça" l'avait-il jamais quitté?) lui reprit dans le milieu des années 1980 avec les "Pinceaux Piégés", un environnement au Musée de Nîmes.
Il ne faut pas oublier qu'Arman "peignait" l'objet avec l'objet lui-même, et que beaucoup de ses œuvres sont faites pour être vues à plat, en deux dimensions accrochées à une cimaise.
On pourrait dire que les pièces en trois dimensions sont un accident dans son travail.
D'ailleurs, il ne disait pas qu'il était sculpteur, mais plasticien.
Pour moi il était comme Picasso, un touche à tout de génie. D'une manière ironique, il disait qu'il était un "born again painter"; ce qui illustre bien le fait qu'il se considérait plus comme un peintre que comme un sculpteur.
Histoire de lancer une polémique : Arman était-il un peintre qui accidentellement faisait de la sculpture ?

 

How did Arman proceed to make a "Portrait-Robot" ?

First of all, it was absolutely necessary he knew well the person's concerns, interests, obsessions, tricks, hobbies, preferences about clothes, literature, jewels etc. Then he used to collect the various objects he considered the most representative and gathered them in a plexiglas box. If one had too strong an attachment for any personal object, better abstain ! Except for the Vuitton bag or the diamond ring which can, at the end of the day, be replaced ; just a question of earning enough ! … It was up to you.
Arman made his first "portrait-robot" in 1962 : the portrait of Éliane Radigue, his first wife, to retrieve her all. A bundle of hair, the magnetic tape with the making the sounds of reference she used for her conferences on electronic music, pages torn off from the “Modern Myth" of C.G Jung, the partition of Parcifal (of which she says “it was the most beautiful, but I had another one”), and not to forget: the photograph of the three young heads constituting their brood, and her cigarettes and a lot more ! It was the heart and soul he sought to materialize through the object
To give us to think ; as ever…

portrait-robot Eliane Rafigue

Questioned on what it represented to her, Éliane answered : “It was just the ordinary. He used to “laid” new things all day long! He knew me and he was CREATING AT FULL THROTTLE ”.
A long time after, ARMAN decided to make the portrait-robot of each of his children . He started with Yves, his first son born of the line. And a some time after, Yves died this terrible day of February 1989… Then our father said he didn't feel like making portrait-robot of his children anymore in spite of his desire to seek our secrets to reveal us. But he couldn't any more, it was like a magical thought which stopped his gesture to make superstition in fearing the worst…

When did Arman resume painting on an easel and, “broom painting” included, how many works of the series “serious painting” did he produce ? (approximately when compared to his total production) ? And do you know how “he (re)started on this” ?

It was a sort of joke for him, painting on easel, i.e. painting “in situ” (in place). What was amusing, was that Arman, when young, was taking along all his "equipment" in the wild to make paintings which tended to cubism…
For the "Broom paintings", the ground was his easel, as for a majority of other techniques like "shooting colors", "dirty paintings" or "jetés".
Sometimes, a table or trestles could become his easel ; like for the "brush strokes" or the "coulées".
Use of a table can come first and then the easel for the finish ; that was the case for the "serious paintings".
In the majority of Arman's creations, the work was done flat. Which is logical, considering gravity: the objects he put on the panel would have fallen.
He was going back to the vertical position once the objects were glued like for paint brush and/or brush works, his work around the objects was easier while standing up ("serious paintings").

At the end of the day, like often, it's the type of work that dictated the most accurate technology ; one could not have poured gallons of acrylic resin for the “ÉMERGENCES” works, had the panels been in the upright position.

As for the number of works produced with these techniques, it's very small compared to the globality of the work estimated at more than ten thousand works; "serious paintings" must represent around one hundred pictures. The figures, for those of you who like them, will be rounded up when the complete "Catalogue Raisonné" is finished and published.

“That" (i.e. painting), (but did “that" ever leave him ?) (re)took him in the mid 1980's with the exhibition called the “Pinceaux Piégés" (i.e. "Trapped Brushes") environment at the Museum of Nîmes in France.
One should remember that Arman “painted” the object with the object itself, and that many of his works are to be shown flat, in two dimensions hanging on a wall.
One could say that his works in three dimensions were accidental in his work.
Moreover he did not say he was a sculptor but a plastic technician.
For me, he was like Picasso, a dabbler with genius.
In an ironic way, he used to say he was "born again painter” which well illustrates the fact that he regarded himself more as a painter than as a sculptor.
And as a means of finishing with some controversy : Was Arman a painter who accidentally made sculpture ?

Come Arman procedeva per realizzare un ritratto-robot?

Primo, era necessario che egli conoscesse perfettamente la persona, che conoscesse le sue preoccupazioni, i suoi interessi, le sue ossessioni, i suoi "tics", i suoi pallini, le sue preferenze vestimentarie, letterarie, i suoi gioielli ecc.. Quindi, raccoglieva i diversi oggetti che riteneva come i più rappresentativi e egli li riuniva in una scatola. In caso d'attaccamento troppo forte ad ogni oggetto personale, preciso astenersi ! Eccetto la borsa Vuitton o l'anello di diamante che ci si può riacquistare tutto sommato al finale : questione di mezzi! … A lei di vedere.
Fece il suo primo ritratto-robot nel 1962 : quello di Éliane Radigue, il suo primo coniuge per trovarla tutta. Una miccia di capeli, la banda magnetica costituita dei suoni di riferimento che gli serviva alle sue conferenze sulla musica concreta, le pagine strappate dal "Mito moderno" di C.G Jung, passando per il spartito di Parcifal (di cui dice “che era più bello, ma ne avevo un'altra"), senza dimenticare la fotografia dei tre piccoli capi che facevano la nidiata, né anche le sigarette ed il resto ! Era il cuore che cercava di concretizzare con l'oggetto. Per farci pensare, come sempre…

portrait-robot Eliane Rafigue

Interrogata su ciò che lei fece ? Eliane risponde: “Era l'ordinario. “Stendeva" a lunghezza di giorno ! Mi conosceva ed era CREAZIONE A FLUSSO CONTINUO".
A lungo più tardi, ARMAN aveva deciso di fare il ritratto-robot di ciascuno dei suoi bambini. Comincio‘ con quello di Yves, figlio primogenito della stirpe.
E poco tempo dopo, Yves decedette, questo giorno terribile del febbraio 1989… In seguito nostro padre disse che non si sentiva più di continuare i ritratti dei suoi bambini, nonostante il desiderio di andare cercare i nostri segreti per farci apparire. Che non poteva più, che era come un pensiero magico, che fermava il suo gesto per fare superstizione da temere il peggio…

Quando Arman si affido‘ di nuovo alla vernice di resto e, “broom painting" incluso, quante opere della seria “serious painting" egli così produsse ? (all'incirca, rispetto alla sua produzione totale) ? E si uno sa come “quello gli (ri)prese" ?

Era un tipo di scherzo per lui, la vernice di resto, cioè la vernice “in situ". Ciò che era divertente è che Arman giovane portava tutto il suo materiale nella natura per fare una vernice che si avvicinava al cubismo.
Per i "broom paintings", il suolo è il suo resto, come per una maggioranza di altre tecniche ("shooting colors", "dirty paintings", "jetés").
A volte, la tavola o i cavalletti possono costituire questo resto per i "brush strokes" o le "coulées".
La tavola può precedere per la composizione ed il resto servire in seguito ; è il caso per i serious paintings.
Nella maggioranza dei casi, il lavoro di Arman era realizzato pianamente ; logico, se non gli oggetti depositati sul pannello sarebbero caduti.

Si affido‘ alla posizione verticale, una volta gli oggetti attaccati, per il lavoro al pennello o alla spazzola, più facile da complire attorno agli oggetti in questa statura ("serious painting").

Alla fine, siccome spesso, è la tabella che dettava la tecnologia. Si poteva difficilmente versare i litri d'acrilico delle "ÉMERSIONS" se i pannelli fossero verticali. Tutto sarebbe andato per terra.

Quanto al numero di tabelle prodotte in queste tecniche (serious paintings), è molto poco rispetto alla globalità dell'opera stimata a più di una decina di migliaia diciò deve rappresentare un centinaio di tabelle. Le cifre, per quelli che li gradiscono, si avvicineranno quando il catalogo ragionato completo sarà pubblicato.

“Quello" (ma lo aveva mais lasciato “quello" ?) gli (ri)prese nella metà degli anni 1980 con l'esposione chiamata "Les Pinceaux piégés", < è dire “I pennelli intrappolati"> ambiente al museo di Nîmes in Francia.
Non si deve dimenticare che Arman "pettinava" l'oggetto con l'oggetto stesso, e che molte delle sue opere sono fatte per essere viste pianamente, in due dimensioni, appese ad un muro.
Si potrebbe dire che le parti in tre dimensioni sono un incidente nel suo lavoro.
Peraltro non diceva che era scultore ma plastico.
Per me era come Picasso, un "tocca a tutto" di genio.
In modo ironico, diceva che era un “born again painter" ciò che illustra bene il fatto che si considerava più come un pittore che come un scultore. Storia lanciare una polemica : era Arman un pittore che casualmente faceva della scultura ?

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