Dimanche 30 mars

Vos questions, nos réponses: Stupéfaction

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baldd@armancommunity.net
Bonjour,
Depuis le 26 avril 2006, où je découvre tous les jours les œuvres d'ARMAN, je reste toujours stupéfait par la multiplicité de celles-ci. Où trouvait-il son inspiration? dans les livres, dans l'actualité de tous les jours? Lisait-il les journaux, écoutait-il la radio, regardait-il la télévision? Avait-il un besoin viscéral d'exprimer tout ce qu'il ressentait? Combien de temps lui fallait-il pour analyser l'information, se l'imaginer et enfin concevoir la réalisation?

-L'inspiration, il la trouvait partout, dans les tas de ferrailles, dans les amas d'ordures au détour d'une rue, dans le gourbi des brocanteurs, dans l'amoncellement d'objets des vitrines new yorkaises, dans les joutes oratoires avec ses condisciples, avec ses ennemis, dans les jupes des filles...

-Oui il lisait les journaux; une partie de la matinée servait à la revue de presse:  le New York Times et Nice Matin quand il était à Vence ; les journaux nationaux quand il était à Paris. Et toujours aussi le Herald Tribune ou il ne manquait jamais de faire le "jumble".
Il regardait la télévision, les informations et aussi certaines émissions de jeux comme "La Roue de la Fortune" ou "Qui veut gagner des millions?".
La radio, c'était à l'atelier du Bidonville en France, et ses dernières années il aimait surtout "Rire et Chansons".

-Il avait bien entendu ce besoin d'exprimer ce qu'il ressentait, comme un exorcisme à tout ce qui le touchait, le perturbait, le bouleversait. L'artiste n'est pas étanche aux émotions, elles sont au contraire le terreau de la création. Sa production est le résultat finalisé de l'interaction entre ce qu'il perçoit, transforme par le passage dans son brassage émotionnel et organise pour redonner à voir, entendre, toucher, sentir ou goûter comme résultante qui propose un nouveau lien (une nouvelle perspective pour aborder l'un ou l'autre de ces aspects sensoriels).

- Le temps nécessaire au passage vers la réalisation dépendait de beaucoup de choses, notamment des projets en cours et aussi de l'impact sur l'affect que pouvait avoir l'évènement. Par exemple il fut choqué de voir au Musée Sursock de Beyrouth que toutes les sculptures et autres objets étaient coulés dans du béton pour les protéger des attaques, des bombes et autres rafales de mitrailleuses. Et puis, il visita une exposition de blocs de béton... Il en a créé une série de travaux appelée "TRÉSORS CACHÉS". Il y exprime d'une part la protection d'objet de valeur dans une gangue de béton (il s'agit ici des timbres postes, un peu comme Harpagon enterre sa cassette...) mais aussi,d'autre part de l'entrelacement avec un moment particulier de l'histoire de sa vie. Les blocs de béton en enfermant l'objet donne à voir l'enfermement dans lequel il se trouvait. Il était très fatigué suite à une pathologie cardiaque importante (infarctus) qui faisait suite à un cancer du rein à la suite de la mort de son fils aîné Yves et communiquer avec le monde extérieur lui était difficile (d'ailleurs on lui a reproché son indifférence dans Beyrouth détruite alors qu'à l'inverse il avait justement été profondément choqué...)

L'œuvre montre tout autant l'appropriation du réel que la transformation opérée sur ce réel du brassage par le brassage émotionnel qui réussit une proposition nouvelle qui communique avec le public qui partage: l'entièreté de cet énorme... travail d'élaboration. On peut faire une lecture de la transmutation des affects (ressentis) à tous les moments importants de la vie d'ARMAN en corrélant sa production avec l'histoire de sa vie (un exemple de base : il s'attaque violemment aux instruments de musique quand cela commence à aller mal avec Éliane, sa première épouse musicienne). La création c'est la vie.
Vous dites de vous : "stupéfait" quant à la rencontre du multiple de sa production;  elle est à la mesure de la richesse interactive de son rapport avec le monde: intéressé, curieux de beaucoup de choses et extrêmement aiguisé dans sa sensibilité.
Vraisemblablement, vous devez être concerné par l'un ou l'autre de ces qualificatifs et vous y reconnaître!
Hello,
Since April 26th 2006, I've been discovering every day ARMAN's works and I am still amazed by the multiplicity of his works. Where did he find his inspiration? In books, in the news ? did he read the newspapers or listen to the radio or watch the TV? Did he have a visceral need to express all his feelings? How long did it take him to analyze information, to conceptualize it and to eventually conceive a realization?


- Inspiration, he found it everywhere, in the scrap heap, in the dustbins, in the streets, in the hovels of second-hand dealers, in the accumulation of objects inside NY windows, in the verbal sparring matches with his art fellows, with his enemies, in girls' clothes…

- Yes he used to read the newspapers; part of his morning was routinely for a press review: the NewYork Times, and "Nice-Matin" when he was in Vence; the parisian newspapers when he was in Paris, and always also the Herald Tribune where he used to finish with the "Jumble".
He watched television, the news and occasionally some popular shows such as " The wheel of Fortune" or “ Who wants to gain millions ?”.
He listened to the radio when he was in his workshop of the "Bidonville" in Vence ; and in his last years, he especially enjoyed a french radio station called "Rire et Chansons" ("Laughter and Songs”).

- He of course, had this need to express what he felt as a kind of exorcism for all he had reached, for everything that disturbed and/or upset him. The artist is not impermeable to emotions, on the contrary, emotions are the basis of his creation. His production is the finalized result of the interaction between what he perceives, transforms by the passage in his emotional mixing and organizes to give again to see, hear, touch, feel or taste to propose new links as a result (a new prospect to approach one or another of these sensory aspects).

The time needed for the passage to realization depended on many things, in particular the projects in progress and also the impact events could have on his affect. For example, he was shocked to see at the Sursock Museum in Beirut that all the sculptures and objects were cast in concrete to protect them from attacks, bombs and other machine-gun shootings. After this, he visited an exhibition of concrete blocks…He created a series of work called “HIDDEN TREASURES”.There he expressed the protection of valuable objects in a concrete gangue (here series of stamps, a little bit like Harpagon buried his cassette…) but also, there was some interlacing with a particular moment in the story of his life. The blocks of concrete, by locking up the object,  showed the locked up situation he was in. He was very tired after an important cardiac pathology (infarction) that followed the death of his older son Yves and a kidney cancer, such that communicating with the outside world was difficult for him (his apparent lack of care concerning the destruction of Beirut had been reproached to him, whereas, on the contrary, he was deeply shocked by it…)

The work shows the appropriation of reality as much as the transformation or mixing of this reality brought by the emotional mixing which makes a success of a new proposal by communicating with the public who is sharing: the entirety of this enormous… work of development. One can make a reading of the transmutation of his feelings in all the important times of ARMAN life by correlating his production with the story of his life (a simple example : he violently treated musical instruments when things started to go badly with Eliane, his first wife, musician). Creation is life.
You describe yourself as "amazed" regarding the encounter of the multiplicity of his production; it's exactly like the interactive wealth of his relationship with the world: interested and curious about many things and very sharp in his sensitivity.
Presumably, you may feel related to one or the other of these adjectives and recognize yourself in there!

Buongiorno,
Dal 26 aprile 2006, dove scopro tutti i giorni le opere di ARMAN, resto sempre stupefatto con la molteplicità delle opere. Dove trovava la sua ispirazione ? nei libri, nell'attualità di tutti i giorni? Leggeva egli i giornali, ascoltavano egli la radio, mirava egli ha TV? Aveva egli una necessità viscerale di esprimere tutto ciò che considerava? Quanto tempo gli occorreva egli per analizzare l'informazione, immaginarsela ed infine concepire la realizzazione?


-L'ispirazione, la trovava ovunque, nei mucchi di ferraglie, nei mucchi di rifiuti alla deviazione di una via, negli armamentari dei ragattieri, nell'accumulazione di oggetti delle finestre di new york, nelle tenzoni oratorie con questi conpagni, con i suoi nemici, nelle gonne delle ragazze…

-Sì, leggeva i giornali, una parte della mattina serviva alla rivista di stampa: il New York Times, e Nizza Matin quando era in Vence. I giornali nazionali quando era in Parigi, ma sempre e sempre il Herald Tribune dove ha usato per rifinire con “il miscuglio„.. Osservava la televisione, le notizie ed anche alcune emissioni di giochi, come "La ruota della fortuna" o "Chi vuole vincere milioni?".
La radio ne l'ascoltava al seminario del Bidonville in Francia, e nei suoi in ultimi anni soprattutto "Rire et chansons" (“ridere e canzone").

-Aveva naturalmente questo bisogno di esprimere ciò che considerava, come un esorcismo a tutto ciò che lo toccava, lo perturbava, lo rovesciava. L'artista non è stagno alle emozioni, sono al contrario la muffa della creazione. La sua produzione è il risultato portato a termine dell'interazione tra ciò che percepisce, trasforma con il passaggio nella sua mescolanza emozionale ed organizza per ridare a vedere, intendere, toccare, sentire o gustare come risultante che propone un nuovo legame (una nuova prospettiva per abbordare l'uno o l'altro di quest'aspetti sensoriali).
Il tempo necessario al passaggio verso la realizzazione dipendeva da molte cose, in particolare dei progetti in corso ed anche dell'impatto sullo affect che ha potuto avere l'evento. Ad esempio è stato colpito di vedere al Museo Sursock di Beyrouth che tutte le sculture ed altri oggetti, erano colati in calcestruzzo, per proteggerli degli attacchi, delle bombe ed altri colpi di armie di fuoco. E quindi, ha visitato un'esposizione di blocchi di calcestruzzo… Ne ha creato una serie di lavori chiamata “TESORI NASCOSTI". Vi esprime da un lato la protezione d'oggetto di valore in una ganga di calcestruzzo (si tratta qui dei francobolli posti, un po'poiché Arpagone seppellisce la sua cassetta…) ma anche, d'altra parte del entrelacement con un momento particolare della storia della sua vita. I blocchi di calcestruzzo chiudendo l'oggetto danno a vedere il contenimento nel quale si trovava. Era molto stancato seguito ad una patologia cardiaca importante (infarto), che faceva seguito ad un cancro del rene a seguito della morte del suo figlio maggiore Yves e communicare con il mondo esterno gli era difficile (del resto gli hanno rimproverato la propria indifferenza in Beyrouth distrutta, mentre al contrario profondamente era stato precisamente colpito…)
L'opera mostra qualsiasi tanto appropriazione del reale che la trasformazione operata su questo reale della mescolanza mediante la mescolanza emozionale che attua con successo una proposta nuova che comunica con il pubblico che divide: la totalità di questo… lavoro d'elaborazione enorme. Si può fare una lettura della trasmutazione degli affects (considerati) a tutti i momenti importanti della vita di ARMAN correlando la sua produzione con la storia della sua vita (un esempio di base: si attacca violentemente agli strumenti di musica quando ciò inizia ad andare male con Éliane, il suo primo coniuge, musicista). La creazione è la vita.
Voi detti di voi: “stupefatto" quanto alla riunione del multiplo della sua produzione; è in base alla ricchezza interattiva della sua relazione con il mondo:  interessato, curioso di molte cose ed estremamente affilato nella sua sensibilità. Probabilmente, dovete essere interessati da l'uno o l'altro di quest'epiteti e riconoscervi! 
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